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Discours inaugural de Mme DRIFFIELD

Merci d’être venus à notre inauguration.

Nous sommes nombreux à avoir constaté depuis des années une sorte de déplacement de la pathologie psychique. Les troubles rencontrés aujourd’hui s’expriment dans le comportement et en ce qui concerne le domaine que j’avais choisi d’étudier le comportement alimentaire. Tout se passe comme si dans notre société très avancée, à force de devenir individualistes les sujets perdaient un peu de leur humanité et parfois perdaient en route non seulement le savoir vivre au sens convivial mais le savoir vivre au sens plus basique. Les fonctions ordinaires : sommeil, appétit pour ne pas parler du relationnel, de l’amour marchent mal. On dort mal, on mange mal, on aime mal.

Et notre société apporte beaucoup de réponses à ces problèmes, des réponses toutes faites. Médicaments pour le sommeil, régimes pour le surpoids, protocoles divers pour l’anorexie etc etc. Il est légitime de vouloir aider, sauf que toutes les études montrent qu’au bout d’un moment toutes ces réponses marchent, elles aussi, mal. Alors avant d’apporter encore une réponse notre équipe a essayé de renverser le problème en essayant de poser des bonnes questions. Avant de proposer des réponses de type conduites à tenir nous sommes venus à étudier la dimension que notre époque met entre parenthèses, la dimension psychique, d’où l’idée de clinique psycho-alimentaire. L’idée d’un centre de soins de la clinique psycho-alimentaire a germé dans mon esprit depuis des nombreuses années.

 

Quelle est l’idée que nous voulons novatrice ? En fait, c’est vieux comme le monde. Prendre le temps de la réflexion sur tout ce qui est proposé, à savoir éviter les réponses automatiques les reflexes, qui rendent les moyens techniques de notre époque, moyens extrêmement puissants, non seulement inopérants, mais parfois bêtes. Qui peut douter de l’efficacité des médicaments, de la chirurgie, des régimes ? Alors pourquoi les études montrent des désastres au bout de deux ans, des rechutes des poids en yoyo etc ? Peut-être parce qu’on a oublié que l’humain est compliqué ou mieux complexe. Et cette complexité, la particularité de l’humain, c’est le psychisme, voilà le carrefour où nous nous situons dans cette prise en considération qui sera notre partenariat notre complémentarité en amont et en aval de tout ce qui est proposé dans le domaine où nous proposons d’intervenir.

Notre centre se propose comme ce lieu et temps de réflexion sur soi et sur les problèmes spécifiques qui constituent le noyau de la problématique psycho alimentaire.  Problématique souvent muette ou inentendable noyée dans des flots de plaintes d’échecs répétés. Ce qui est le plus difficile une fois qu’on a écouté c’est de restituer cette parole aux sujets pour leur permettre de la sentir sinon de pouvoir la digérer et la faire leur. C’est dans ce sens que nous proposons une gamme de soins : thérapie individuelles, de groupe, des médiations où le corps est au centre, comme voie d’abord pour le psychisme.

On ne peut trop insister sur la place que nous entendons occuper dans un réseau de soins. En amont car nous recevrons des personnes en premier accueil et nous aurons besoin de spécialistes pour ce qui ne relève pas du soin psychique et en aval répondant aux demandes faites par des collègues qui nous feront confiance pour notre spécificité. Nous devenons un nouveau maillon dans ce réseau. Maillon que notre société tend à mettre entre parenthèse et c’est le sens de notre démarche ? 

Défendre la pensée.

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